par Franck Ancel
mardi 15 septembre 2009
Paris, 12 Septembre, 2009.
Monsieur Frédéric Mitterrand,
Pour la seconde et dernière fois, je décide d’annuler ma participation à mes frais en tant que l’un des rares créateurs français, invité à une grande manifestation internationale tournée vers les arts digitaux.
Présent à « Media Art History » au Canada en 2005 puis à « ISEA San José » aux USA en 2006, je développe depuis plus de quatre ans une thématique de recherches autour de l’Exposition Universelle de Shanghai, comme une tentative de renouvellement des arts dits médiatiques.
Les impasses d’échanges avec les Ambassades, en 2008 à Singapour avant « ISEA », puis cette année à Melbourne à propos des troisièmes rencontres « Media Art History » reflètent à mon avis une totale et grave incompréhension, à l’image d’une situation proprement française.
Au moment où la foire internationale d’Art Contemporain s’ouvre à Shanghai, aucune structure française ne semble officiellement et réellement présente pour eARTS Shanghai, le volet des arts numériques. Alors que la France est bien présente dans son aspect « classique », d’autres structures, autres que chinoises, sont impliquées dans ces importants champs émergents.
Cet état semble à l’image d’une malheureuse réalité hexagonale. Derrière l’actualité de la loi HADOPI et les problèmes liés aux actuelles mutations du Ministère de la Culture, il manque encore une cohérence pour des « recherches & développements » concernant les arts digitaux.
Les aides du CNC sous le dispositif du DICRéAM comme certaines directions artistiques ne servent qu’à justifier une misérable modernisation du champ de la création. Sous couvert d’amicales mises en réseaux ou sous prétexte de manque financier, aucun bilan n’est réellement tiré depuis des années.
Le devenir des arts digitaux en France – n’a pour seul avenir qu’une impasse - tant que les incompréhensions royales qui l’orientent ne seront pas analysées et solutionnées.
Si je peux être interviewé sur plusieurs pages dans un grand quotidien Suisse, lors d’un festival de scénographie, accueillant les agences des pavillons Anglais ou Suisse de Shanghai 2010, mes propositions de remise à zéro sont systématiquement bloquées en France.
Aujourd’hui, si j’en suis encore réduit à essayer de financer avec mes fonds personnels, par exemple, un projet d’édition-installation-performance à partir d’inédits de Mallarmé, alors il est raisonnable de stopper toute activité à fonds perdus, car l’incompréhension semble devenue la seule ligne culturelle dans ce pays.
Veuillez, croire, Monsieur le Ministre de la Culture, en mes salutations les meilleures.
FA